Chu Teh-Chun

" Doigts IX"1986


Huile sur toile
22 x 27 cm
Signée, titré et datée
Certificat du Comité Chu Teh-Chun

Description

Chu Teh-Chun est un maître de l'abstraction lyrique. Ce mouvement pictural laissant avant tout libre l'inspiration spontanée, « le pinceau souverain » comme il disait. «Mon père n'était pas très bavard, le tableau devait parler pour lui.

"Vers la fin de sa vie, je l'ai aidé à confectionner un chevalet mobile. C'était un coloriste fantastique. Il peignait dans un mouvement ample, maîtrisé. Bien plus lent que Georges Mathieu! Seul le dernier geste, définitif, était rapide et donnait au pinceau la forme d'une virgule.» Yvon Chun, 46 ans, fils cadet de Chu Teh-Chun.

Pour réaliser cette oeuvre l'artiste a peint avec ses doigts: on remarque sur la toile de multiples traces plus ou moins épaisses qui s'entrecroisent.

Provenance

Collection Privé, France

Collection Privé, Europe

Vente Sotheby's, Paris

Chu Teh-Chun

Chu Teh-Chun est né en 1920 dans la province de Jiangsu (Chine). Fils cadet d'une famille aisée, son père est collectionneur de peinture traditionnelle chinoise. Il est admis en 1935 à l'Académie d'Art de Hangzhou. Il s'intéresse d'abord au style traditionnel, puis opte, plus tard, pour la peinture occidentale. En 1937, la guerre sino-japonaise provoque l'exode des universités vers l'ouest de la Chine. Teh-Chun obtient son diplôme de fin d'études en 1941 ; il est aussitôt nommé professeur assistant dans sa propre école, puis professeur titulaire en 1942 à l'Université de Nankin. Il voyage, découvre des paysages chinois qui sont sources d'inspiration (descente du Yangzejiang).
Après la seconde guerre mondiale, il s'installe à Taipei. En 1951, il est professeur à l'Université Normale Nationale, où il enseigne la peinture occidentale. En 1955, afin de parfaire sa culture de l'art, il s'installe à Paris après un voyage qui lui fait découvrir d'autres pays et d'autres paysages encore - l'Egypte notamment -. Il peint les paysages de Paris, travaille à la Grande Chaumière où il rencontre d'autres peintres, voyage en Europe. Il est fasciné par la rétrospective de Nicolas de Staël qui lui fait découvrir véritablement l'art abstrait.
Sa première exposition personnelle se déroulera à Paris en 1957. Il fréquente alors les artistes de l'Ecole de Paris comme Soulages, Hartung ou Mathieu. Son art rencontre ses premiers succès et se propage à l'étranger grâce à des expositions collectives auxquelles il participe (Pittsburg, Jérusalem, Athènes, Sao Paulo).
L'artiste semble ouvrir un nouveau chapitre dans l'art du paysage, paysage où se mêle une poésie subtile. Virtuose, inspiré par la calligraphie comme par les signes et l'humeur de l'orient, il réalise une oeuvre graphique importante, dessine, réalise des céramiques, peint des grands formats, des diptyques, triptyques, des oeuvres monumentales, inventant toujours une écriture personnelle entre poésie et peinture. En 1987, le Musée National de Taipei lui organise une grande exposition rétrospective ; c'est son retour, pour la première fois, au pays natal. En 1997, il est élu à l'Académie des Beaux-Arts de l'Institut de France. Pour « l'année de la Chine en France » (2004), pas moins de quatre expositions sont organisées pour le célébrer.
L'artiste est mort le 25 mars 2014 à Paris, il avait 93 ans.