Sam Francis
Cette gouache sur papier, réalisée au cours des années 1950, s’inscrit dans la période parisienne de Sam Francis, moment déterminant dans la formation de son langage abstrait. Installé à Paris au début de la décennie, l’artiste fréquente notamment l’atelier de Fernand Léger, expérience qui contribue à structurer sa réflexion sur la couleur et la construction picturale, même si son œuvre s’oriente rapidement vers une expression plus libre et atmosphérique.
De format relativement intime, l’œuvre met en évidence son intérêt pour la couleur comme élément structurant de la composition. Des plages chromatiques se déploient sur la surface du papier en laissant apparaître des réserves blanches qui jouent un rôle actif dans l’équilibre de l’ensemble. Le vide ne constitue pas un simple fond, mais participe à l’organisation spatiale, instaurant une tension mesurée entre les zones colorées et les espaces laissés en réserve.
La gouache, par sa densité et sa matité, permet des effets de superposition, de diffusion et de contraste qui renforcent la dynamique interne de la composition. Les bords irréguliers du papier soulignent le caractère direct et expérimental de cette production sur papier — support privilégié par Francis dans les années 1950 pour explorer les rapports entre geste, rythme et intensité chromatique. Bien que non datée, l’œuvre correspond pleinement aux recherches menées par l’artiste durant cette période, marquée par une abstraction lyrique fondée sur la vibration de la couleur et l’équilibre entre concentration et dispersion des formes.
Provenance
Collection privée, Berne
Galerie Kornfeld, Berne
Collection privée, Paris