Hans Hartung

Hans Hartung



Hans  Hartung naît le 21 septembre 1904 à Leipzig en Allemagne.


Son grand-père, médecin, peintre et musicien amateur, joue un rôle important dans son éducation, imprégnant ainsi le foyer de peinture et de musique. Dès son enfance, Hartung développe une passion précoce pour l'art. Il commence à dessiner très tôt dans ses cahiers d'écolier, influencé par les orages qu'il trouve terrifiants mais captivants. La famille Hartung s'installe à Bâle en Suisse de 1912 à 1914, où le jeune Hans se passionne pour l'astronomie et la photographie. La Première Guerre mondiale contraint la famille à retourner à Leipzig en 1914. Les expériences de guerre marquent profondément le jeune artiste, qui adapte son art à ces événements, dessinant notamment les zeppelins menaçants qu'il voyait à Dresde.

Hartung fréquente le lycée de Dresde jusqu'en 1924. Durant cette période, il commence à copier librement les œuvres des grands maîtres de la peinture et découvre les expressionnistes allemands, simplifiant leurs compositions pour ne conserver que des masses colorées. Dès 1922, il peint une série de 33 aquarelles déjà abstraites, marquant ainsi le début de son exploration artistique vers l'abstraction. Il poursuit ses études de philosophie et d'histoire de l'art à l'Académie des beaux-arts de Leipzig, où il assiste à une conférence de Kandinsky en 1925, marquant ainsi ses premières oppositions à certaines conceptions artistiques.

Hans Hartung s'installe à Paris en 1926, où il fréquente diverses académies, mais trouve peu d'affinités avec les enseignements conventionnels. Il préfère encore copier les maîtres anciens au Louvre et les modernes dans les galeries d'art. En 1928, il épouse la jeune peintre norvégienne Anna-Eva Bergman. Les premières expositions de Hartung en 1931 marquent le début de sa reconnaissance artistique. Cependant, la montée du national-socialisme le pousse à quitter l'Allemagne, et il s'installe définitivement à Paris en 1935, où il s'oppose activement au régime nazi.

À Paris, Hartung fréquente de nombreux artistes et expose régulièrement ses œuvres. Cependant, la situation financière reste précaire, surtout après que sa première épouse ait souffert d'une longue maladie et qu'il ait été dépossédé de son passeport par l'ambassade d'Allemagne. Durant la Seconde Guerre mondiale, il s'engage dans la Légion étrangère et est blessé au combat en 1944, perdant une jambe. Après la guerre, il reprend son travail artistique avec vigueur, se consacrant à une peinture plus sombre et introspective, reflétant ses sentiments de désillusion et d'angoisse.

Dans les années qui suivent la guerre, Hartung connaît une reconnaissance croissante. En 1947, une exposition personnelle à la Galerie Lydia Conti le révèle véritablement au public, où il rencontre d'autres artistes influents. Au début des années 1950, il commence à expérimenter de nouvelles techniques picturales, abandonnant la mise au carreau pour des peintures vinyliques, lui permettant une plus grande spontanéité dans la création de ses œuvres.

Les années 1950 et 1960 marquent une période de reconnaissance internationale pour Hartung. Il participe à de nombreuses expositions à travers le monde et voit son travail exposé dans des galeries et des musées prestigieux. En 1960, il reçoit le Grand Prix de Peinture à la Biennale de Venise, consacrant ainsi son statut d'artiste majeur. Dans les années qui suivent, il continue d'expérimenter de nouvelles techniques et son travail évolue vers des œuvres plus claires et plus sereines. Malgré des problèmes de santé, Hartung continue à produire une œuvre prolifique jusqu'à sa mort en 1989. Après sa disparition, sa renommée et son influence perdurent, et plusieurs rétrospectives lui sont consacrées, assurant ainsi son héritage dans l'histoire de l'art.